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03/11/2008

Article N° 04 - 01 Puesia:U Paese d'Erbaghjolu

1.Tutti li pueti corsi
Senza scurdane manc’unu
In canzone o i discorsi
Tutti a paru in cumunu
Lodanu li so paesi
È l’abitanti curtesi

2.Nè vogliu fà altr’è tanti
È sò possu supranali
Mi pare chi li so canti
Sò stati originali
Avà chi tutt’aghju dettu
Principiu lu mio sunettu

3.Ripostu nant’una cresta
A manca di tavignani
A l’orlu di la furesta
Si godenu ghjorni sani
Poi nant’a li so chjassi
Quantu n’aghju fattu passi

4.U so clima cusì bonu
In n’impurtà chì stagione
Molti criticà lu ponu
Mà nun c’hè lu paragone
Un paese di cucagna
Una cità in campagna

5.E so case cusì belle
Ch’innamoranu li cori
Cumè ventu in le vele
Li prufumi è l’adori
So spaziose è à l’erbate
Ben’alzate, assulanate

6.A mezu c’hè la sò ghjesgia
A fiancu lu campanile
La meria chi s’intisgia
Fata in mudernu stile
Appena sopra si trova
L’acqua di « funtana nova »

7.Lu stradone lu percore
Una traversa l’intorna
Qualunque viaghjatore
Ghjunt’una volta ci torna
Basta quessa per pruvà
Ch’ellu c’hè lu benistà

8.Una ricetta pustale
Funziona dàpoi cent’anni
D’impurtenza capitale
Per fresteri è paisani
E per dalli meglior donu
Oghjè ci hè lu telefonu

9.C’hè la ghesgia San Martinu
Ch’ùn ci vole lascià da parte
Nata in lu seracinu
Mudellu di scultura è d’arte
Avà l’hà u guvernu in manu
Cumè monumentu anzianu

10.Più sottu ci hè la Casella
Paisolu desertatu
Purtantu fece parlà d’ella
Indù lu tempu passatu
Ci nasci lu cummandante
Ch’in Nonza fù millitante

11.U so territoriu stessu
Nè cunserva li vestigi
Di bataglie è di sucessu
U corsu contra nemici
Perchi fù in « secca funtana »
Chi lu moru lasciò la tana

12.Li fù tagliata la testa
È sopra locu interrata
Per tutti nè fù la festa
È cusi fubbe creata
Di li corsi la bandera
Ornata di à testa nera

13.Hè per què chi l’abitanti
Seguenu l’esempiu anticu
Sonu bravi tutti quanti
Pronti à more per l’amicu
Sonu generosi è fieri
È cun tutti ospitaglieri

14.Ci hè avucati duttori
Muratori cù impiegati
C’hè pueti è cantatori
Cunnisciuti è stimati
Paese riccu à l’eccessu
Oghje in pienu prugressu

15.Andendu per lu cantone
A via di Pedicorti
La ghjesgia di Sant’Antone
Lu monumentu a li morti
Quì chi nimu nun si stoni !
Di scopre cinque cantoni

16.Si scopre cinque cantoni
Corti Venacu è Sermanu
Le muntagne di Ghisoni
Vezzani li vene à pianu
Quandu lu celu ùn’hè tintu
Aleria è lu monte Cintu

17.V’aghju fattu descrizione
Di stu paese perfettu
Spiegatu a situazione
Lu nome ùn l’aghju dettu
Dà quantu m’ere imbalatu
Mi n’ere dimenticatu

18.Or lu chjamunu l’erbaghjolu
Corti hè lu so cirdudariu
In corsica unicu è solu
Nisunu dice u cuntrariu
Luce cume in celu ùn raggiu
Chjave di u cantone di gaggiu

19.Vi pregu di faci un tornu
Nè firmerete incantati
Allungherete u suggiornu
Ancu per esse pressati
Perchè chi ghjuntu quassù
Penseri lu ci n’hè più

Article N° 04 - 02 ANCIENNES UNITES DE MESURE


Les anciennes unités de mesureutilisées à Erbaghjolu
(Avant l’adoption du système métrique)


1)LA MAIN
Mesurer c’est évaluer une quantité en la comparant avec une quantité de même espèce dite unité de mesure. Pour matérialiser les unités, les hommes ont d’abord utilisé le corps humain, puis ils ont fabriqué des instruments de mesures.
Le palmu est la plus grande longueur matérialisée avec une main. C’est la distance entre l’extrémité du pouce et l’extrémité de l’auriculaire en position écartée.
Le palmu des couturières, utilisé pour mesurer les lignes courbes, le tour de taille par exemple, est le même que le précédent, mais avec l’index, le majeur et l’annulaire repliés
Un palmu grande est obtenu en ajoutant au palmu la longueur de la phalangine du pouce. Un simple mouvement de bascule sur l’extrémité du pouce permet cette addition.
Le scumessu est la distance entre les extrémités du pouce et de l’index en position écartée. Elle vaut environ les 4/5 du palmu. C’est l’espacement employé dans la plantation des ails. C’est aussi le diamètre d’ouverture du moule à fromage (fattoghja), le diamètre de base étant la distance entre l’extrémité de l’index en position tendue et l’extrémité du majeur en position repliée. La profondeur du moule est obtenue entre le majeur et l’index en position tendue.
Le massumè ou sussumè est la plus grande longueur obtenue en tendant le pouce perpendiculairement à l’avant-bras et en repliant les quatre autres doigts. Elle va de l’extrémité du pouce au métacarpien de l’auriculaire.
Le pouce (u ditone) est utilisé pour des mesures dans sa longueur et dans sa largeur. Sa phalangine permettait, par ex., de régler la largeur des plis en couture. Les quatre autres doigts étaient parfois utilisés dans le sens de la longueur, mais surtout dans le sens de la largeur. On a ainsi des mesures, de 2, 3 et 4 doigts.
La manciata est la quantité la plus grande que peuvent contenir les deux mains faisant cuvette.
La manata est la contenance d’une main faisant cuvette.
Le pugnu est la contenance de la main fermée. Ces volumes variaient certes d’un individu à un autre, mais une personne pouvait arriver à une grande précision dans la répétition du geste. C’est ainsi que les femmes qui utilisaient le sel à manate pour les salaisons, réussissaient à conserver le même goût à la charcuterie d’une année sur l’autre pendant toute une vie.
Le mannellu est la quantité de tiges de céréales que la main peut retenir pendant la moisson. Les mannelli sont assemblés pour former une mannella (gerbe, ou botte).
Lorsqu’on semait le lin à la volée, il fallait que la graine soit bien répartie, ni trop dense, ni trop clairsemée. La densité était évaluée sur la pulpe du pouce : le pouce, appliqué sur le sol, accrochait une quantité de graines que l’on évaluait.
2) LES BRAS ET LES JAMBES
U bracciu
est la distance entre l’extrémité des doigts et le moignon de l’épaule. On utilise aussi la distance entre l’extrémité des doigts et le moignon de l’épaule opposée, le bras étant horizontal ; ou encore, la distance entre les extrémités des doigts des deux mains, les bras étant disposés horizontalement.
U passu peut être considéré comme une mesure éminemment élastique. Cependant, la plupart des personnes savaient régler leur pas de façon à obtenir le mètre avec une grande approximation.
La palanca, ou palancata, est la distance obtenue en faisant le pas le plus long possible.
3) LES UNITES DE LONGUEUR
1. Le palmu.
C’est l’unité principale. Bien sûr elle varie avec les individus mais cela n’apporte guère de perturbations dans les relations commerciales puisque le choix de l’unité de mesure appartient au vendeur, l’acheteur étant libre de l’accepter ou de le refuser.
Le palmo genovese valait 24,769 cm.
L’empan de France valait de 22 à 24 cm.A partir du XIXe s. le mot palmu est employé pour désigner le quart de mètre, soit 25 cm.Expressions : marcante di palmu = marchand de tissu. Fà un palmu di musu = bouder.
2. La mazza ou mezacanna = 5 palmi = 1,238 m.
La mazza mesure 125,75 cm. Elle est divisée en 5 palmi d’inégale longueur : 24,95 - 25,20 - 25 - 25,20 - 25,40 (théoriquement, chacun aurait dû mesurer 25,15 cm).Aux extrémités, les palmi sont subdivisés :- l’un en deux mezipalmi, celui du bout étant lui-même divisé en 2. Cela donne : 6,25 cm - 6,45 cm - 12,25 cm.- L’autre est divisée théoriquement en tiers : 8,55 cm - 8,45 cm - 8,40 cm.
Une complication pour mesurer un lé, on coinçait le début sur l’épaisseur avec le pouce et on tournait sur la mazza. Donc, dans la pratique, la mazza était la longueur de la latte augmentée de l’épaisseur, ce qui donne pour celle de la Munacia : 125,75 + 2 = 127,75 cm.
3. La canna = 10 palmi = 2,4769 m.
4. La lenza = 50 palmi.
5. Le bracciu
est une mesure qui devait être d’une soixantaine de cm.
Il est important de se rappeler que la Corse a eu avec la Toscane des relations politiques à une certaine époque et des relations commerciales à toutes les époques. D’ailleurs, en 1765 : « La monnaie et le poids de Corse sont égaux à ceux de Toscane ». Le braccio legale toscano a été fixé en 1863 à 0,583587 m.
6. Les mots mazza et bracciu ont été utilisés pour une mesure de 4 palmi. Il se peut que cette utilisation soit postérieure à l’établissement du système métrique, les Corses voulant se donner une unité voisine du mètre. On a dit que cette mazza servait pour mesurer les étoffes, ce qui est certainement pratique (v. l’aune française de 1,188 m).
7. Pour les itinéraires, les mesures étaient faites avec des unités de temps. Ainsi les bergers cortenais disaient qu’il fallait une demi-heure pour aller des bergeries des « Grottelle » au lac de « Melu » et 4 heures pour atteindre le sommet du « Rotondu ». Dans les rapports techniques, on se servait du miglio d’Italie valant 1000 passi, ou mieux 1000 passi romani, soit 1478 m. La lieue de France de 25 degré valant 4445 m, trois milles d’Italie valaient à peu près une lieue de France.
4) LES UNITES DE POIDS
1. La libbra
est l’unité principale de mesure des poids. La politique et le commerce ont introduit en Corse :
- La libra toscana = 339,542 g, divisée en 12 once, l’oncia en 8 dramme, la dramma en 3 scrupoli, le scrupolo en 24 grani.- La libbra genovese = 326,48g, divisée en 12 once, l’oncia en 24 denari, le denaro en 24 grani.- La libbra romana = 327,45 g.- La livre française = 489,50585 g, divisée en 2 marcs le marc en 8 onces, l’once en 8 gros, le gros en 72 grains.
La libbra génoise fut imposée dès le XIVe s. au moins, à « Bonifaziu ». Au milieu de XVIe s. les Corse, par l’intermédiaire des Nobles-Douze, réclamaient l’unification des poids et mesure. En 1578, l’Office de Gênes décrétait : da qui inanzi si riduchino al peso e misura di Genova. Cette décision ne combla pas le désir des Corses puisque, dès 1581, les N-12 demandaient que les poids et mesure siano ridotte al solito antico, ce qui fut évidemment refusé. Même refus en 1592 ou 1593 lorsque les N-12 demandent que la vente du sel se fasse au peso corsesco, un poids dont nous ne savons rien.Les instruments de mesure étaient vérifiés et marqués deux fois l’an par des inspecteurs des marchés, les ministrali. Cela aurait dû supprimer les contestations, surtout pour les poids facilement contrôlables. Et pourtant il y en eut, malgré certaines tolérances, comme à « Bastia » où l’on admettait, dans la vante au détail, une différence de 4 onces pour 5 livres Le système métrique fut donc accueilli avec soulagement, comme l’indique le proverbe : ch’ellu eviva u chilò, chì a libbra passa è vene.
2. L’unchja est le douzième de la livre génoise, soit 27,2 g. Dix huit de ces unités équivalent à une livre poids de marc.Noter que l’uncia des Romains a été utilisée comme terme général signifiant 1/12. C’est ainsi que l’on a parfois utilisé l’unchja dans les mesures des longueurs comme 1/12 du palmu.Dans le langage courant, le mot unchja désigne une petite quantité : Damine un’unchja = donne-m’en un tout petit peu.
3. Le rubu = 25 livres de Gênes = 8,162kg.
4. Le cantarettu = 4 rubbi = 100 livres de Gênes = 32,648 kg.
5. Le cantaru = 6 rubbi = 150 livres de Gênes = 48,972 kg. Il est sensiblement égal à 100 livres poids de marc (48,951 kg).Avec la vulgarisation du kilogramme, le cantaru fut compté 50 kg. C’est ainsi que dans un jugement de 1839 on lit : deux quintaux de fer, c’est à dire 100 kg. Plus tard le mot cantaru a été utilisé pour traduire le mot quintal.
6. La somma = 200 livres de Gênes. En 1702, la somma d’huile en « Balagna » avait été altérée et valait 209 à 210 libbre.
5) LES UNITES AGRAIRES
1. La bacinata
est la superficie de terrain capable de recevoir un bacinu de semence en céréales. Pour un bacinu déterminé, cette mesure variait en fonction de la qualité de la terre. En effet, l’ensemencement était plus dense dans les terres riches que dans les terres pauvres. « La pianura riceve più semente che la collina e le terre macchiose ».Voici une correspondance avec le système métrique: bonnes terres 3,01 ares, terres médiocres 3,93 ares, mauvaises terres 4,63 ares.Et la correspondance suivante : 10 arpents valent 139,9 bacinate en bonnes terres, 107,11 en terres médiocres, 84,63 en terres mauvaises. En comptant l’arpent de Paris 34,18869 ares, on obtient pour la bacinata : 2,44 ares en bonnes terres, 3,19 en terres médiocres, 4,04 en terres mauvaises.Bien entendu, il faut aussi tenir compte du bacinu local. En 1839, on estime à 5 ares la bacinata en corse.Exemple : Lors de l’estimation des biens nationaux de la communauté de « Brandu », faite le 13 floréal en VI, la bacinata vaut 3,6 ares (Arch. dép. 1 Q 43).
2. La mezinata = 6 bacinate.
3. Le pattu est un carré de 100 palmi de côté
, ce qui équivaut à 613,5 m².Cette correspondance, où intervient le système décimal, a-t-elle été introduite tardivement ?Avec la vulgarisation du système métrique, le palmu étant compté 25 cm, le pattu vaudra 625 m².
4. La ghjurnata di vigna est l’étendue de vignoble piochée par un homme en une journée. Elle est le tiers de la bacinata.Ainsi s’établit la ghjurnata : 1 are en bonne terre, 1,5 en terre médiocre, plus de 2 en terre mauvaise.
Dans une expertise de 1861, il faut 81 ghjurnate pour piocher 2 ha de vigne, ce qui fait 2,47 ares la ghjurnata.
6) AUTRES MESURES DE SURFACES
1. Le palmu et la canna en carrés sont communément employés, et cela jusqu’au XXe s. La canna (de 6,25 m² aux XIXe et XXe s.) sert pour mesurer les planches, les crépis des maisons, les murs, l’estimation faisant intervenir, en plus, l’épaisseur.
Une canna de lauze permet la construction de 3 m² de toiture. Dans un devis pour une toiture les teghje sont évaluées en canne, palmi et palmetti.
2. Dans une expertise faite en 1813, un terrain mesure 1395 palmi guadrati ou 27 piedi 45/50. Dans cette mesure où le palmu est de 25 cm, le pede vaut 3,125 m².Cette correspondance est confirmée dans une expertise faite vers 1863 où apparaît un « pied corse » et un pede corsu semplice qui est sa moitié. On lit en effet :a. 319,88 m² = 102 pieds corses. D’où 1 pied corse = 3,13 m².b. 319 metri guadrati 88c o sia 204 piedi corsi semplici. D’où 1 pede semplice = 1,568 m².
En 1864, Domenico Peretti, 85 ans, atteste avoir fait, sa vie durant, de nombreuses expertises et utilisé comme mesure pour sols de maisons et jardin le piede (misura usata in Corsica), rectangle de 50 palmi sur 32 cm, soit une valeur de 4 m². Il s’agit là du piede di rè. En effet, en 1861, le même Peretti accompagné de Matteu Frediani, experts désignés par le juge de paix, avaient évalué un sol de maison à palmi 3520 che fanno piedi di rè 53.
7) UNITES DE CAPACITE
A. Pour les matières sèches
Dans le système de mesures pour les matières sèches (céréales, châtaignes, haricots, fèves, noix, amandes, lupins, olives, sel, chaux, charbon...) régnait la plus grande confusion malgré l’existence d’un instrument de mesure de base, généralement de forme cylindrique : u bacinu. « Le Bazin est la mesure ordinaire de toute l’Isle, mais plus ou moins grande suivant les différents Païs ou Juridictions » (Histoire de l’Isle de Corse, Nancy 1768).Très tôt la République de Gênes tenta une codification et l’introduction de ses propres mesures, tout au moins dans les villes qu’elle contrôlait. Cela ne fit qu’augmenter la confusion. On vit apparaître le bacino maggiore et le bacino minore, les mesures all’antica et les mesures riformate. D’ailleurs l’Office de Corse prend des décisions contradictoires. En 1583, les mesure génoises sont imposées car il faut que les sudditti vivino e stiino con la medesima misura e peso del suo Prencipe. L’année suivante, il consent que, dans toute l’île, les poids et mesures reviennent au solito antico.
Autre complication, les mesures faites avec le bacinu sont de deux sortes :
- à rughja para, ou à stavellu, ou a raso,- à rughja tonda, ou a colmo.
Dans le premier cas, la capacité du bacinu s’arrête au bord supérieur. La rasatura s’obtient sur l’aire avec un stavellu du joug, ailleurs avec une quelconque règle droite.Dans le second cas, on met dans le bacinu autant de matière qu’il peut en contenir, celle-ci formant un cône renversé au-dessus du bord supérieur. Généralement les mesures étaient « combles », sauf pour les céréales, mais cela n’était pas une règle.La République de Gênes encouragea les communautés à importer des bacini en bronze, bien entendu a spese del Comune. Les mesures en bois devaient avoir le bord supérieur cerclé de fer. Elles étaient contrôlées par les vérificateurs aux frais des propriétaires. Le manque de gratuité fut un obstacle à l’unification.Dans les relations commerciales entre individus, les mesures étaient faites avec le bacinu du vendeur. Dans un acte de 1535 du notaire Santulino du Campulori (Arch. dép.) il est précisé que le blé a été mesuré a lu bacino di Agustino... a la rugia tonda.Dans les « Statuti, Capituli et Ordinazione » que les Corses avaient fait approuver en 1468 Galeazzo Sforza, duc de Milan, on lit : che lo bacino di terra comune sia tutto ad una misura, et sia a lo bacino antico di messer Joanni, reserbato la Balagna.Aux XIXe et XXe s. le mot bacinu fut conservé pour désigner le décalitre.
1. Le bacinu est donc l’unité principale de mesure des capacités pour les matières sèches. Des recherches pour traduire sa contenance en litres ont donné des résultats très différents selon les régions ou les auteurs :Aiacciu : 9,145 L.Bastia : 8,4473 L.Corti : 7,9419 L.Sartè : 10,0233 L.Bonifaziu : 9,045 L.Vivariu : 13,06 L. Pour établir le calcul, on utilise l’indication selon laquelle un bacinu pesait 30 livres de Gênes et prend 0,75 comme densité du blé. En 1835, la douane saisit 14,08 hl de blé froment pesant 1141 kg, ce qui donne 0,81 pour densité.Le blé pèse 11,5 livres de marc à « Calvi, Balagna », 12,5 à « Bastia, Aleria, Corti, Capicorsu et Nebbiu », 14 à « Aiacciu », 19 à « Vicu et Sartè ». En utilisant 0,81 comme densité, on a les contenances suivantes : 6,95 L - 7,55 - 8,46 - 11,48.A San Ghjuglianu en 1801, le maire dit que le bacinu pèse 18 livres de Gênes, ce qui ferait une contenance de 7,25 L.Pour le maire de Cervioni, à la même date, le bacinu pèse 20 livres de Gênes ou 14 ,5 de France, ce qui ferait 8 l et 8,76 L.Toujours à Cervioni, en 1840, le juge de paix évalue à 9 kg un « bagin » et demi de blé, ce qui fait le bacinu à 7,4 L.Pour le sel, il semble que l’on ait adopté assez tôt la pesée. En 1659, les autorités génoises établissent la correspondance suivante : 20 bacini de sel = 453 libbre. En prenant 2,17 pour densité, on a un bacinu de 3,4 L.
2. Le mezinu = 6 bacini.
3. Le staru ou staiu =
12 bacini.Au Campulori, le staru était aussi appelé soma. Dans le « Capicorsu », le stajo devait valoir 87 à 88 L. En Toscane, un staio de blé valait 24 L.
4. La mina ou mena, utilisant les « Tavole di ragguaglio dei pesi e delle misure in uso nelle varie Provincie del Regno » (Roma 1877), donne 29,13295 L pour le contenu de secchja de La Spezia et précise qu’elle était la quatrième partie de la mina genovese. Celle-ci valait donc 116,5318 L. Elle était divisée en quartini, staja, quarte et gombette (96 dans une mina).En 1581, après que les autorités génoises aient voulu imposer des unités inférieures à celle utilisées en Corse, la mina de blé était comptée 16 bacini.En 1659 ou 1660, les mêmes autorités faisaient correspondre la mina de sel à 20 bacini de 22 libbre 7 once, ce qui donne une mina de 70 L. Les unités pour le sel étaient plus petites que celles pour les céréales. Cela est confirmé par la correspondance des Agents de France à Gênes. En 1737, la mina de sel pesait 450 livres de Gênes à « Aiacciu » et 312 à « Bastia », ce qui donne environ 67,7 L et 46,9 L.En 1730, d’après le gouverneur Felice Pinelli (« Relazione dei tumulti di Corsica… », Santelli ed. Bastia 1854, p.44), il fallait 14 à 15 bacini de Corse pour faire une mina de Gênes. Noté : un spurtellu de castagne, una cofa di calcina spinta, una lenzulata di paglia, una barcata di petre, una saccata di sugu, un ditale di grana (de ver à soie).
B. Pour les liquides
1. Le boccale, appelé parfois pinta, ou amola.La pinta italienne valait environ un litre. La pinte de Paris mesurait 0,93 L.
En 1801, le boccale de vin pesait 4 livres de Gênes, soit une capacité d’env. 1,3 L. Le boccale d’huile pesait 8 livres, soit une capacité de 2,84 L (densité 0,92). La correspondance en poids, donnée en chiffres ronds ne peut être qu’approximative.

Des systèmes particuliers donnent les valeurs suivantes :
- Pour le vin : Bastia 1,302 L. Aiacciu 1,56L. Bunifaziu 1,513L. Corti 1,389L. Sartè 1,18L.- Pour l’huile : Bastia 3,72L. Bunifaziu 2,212L. Calvi 1,535L. Corti 4,744L. Sartè 4,0072L.
Dans les comptes de la « Certosa di Pisa » (Ms) pour les revenus encaissés en Corse dans la seconde moitié du XVIIIe s. on distingue les boccali « alla Corsa » et ceux « alla Pisana », les premiers ayant une contenance double des seconds.
2. Le mezuboccale, ou meza, ou mezetta = moitié du boccale.
3. La querta = quart du boccale.
4. Le fiascu = 2 boccali.
5. La zucca = 9 boccali.
En mesure bastiaise, cela ferait 11,889L. Après l’adoption du système métrique, la zucca a été comptée 12 L à « Bastia » (P. VATTELAPESCA : « Versi italiani e corsi ») et au « capicorsu ».
Le mot zucchetta est encore utilisé pour désigner l’ustensile d’un dal servant à mesurer le vin.
6. La soma = 54 boccali pour le vin.
En Corse, en 1801, la soma de vin valait « per l’avanti » 54 boccali, « ora » 60.En 1836, le juge de paix comptait la soma de vin 72 l (il s’agit de la charge de mulet évaluée par un expert). Le même juge, en 1840, évalue la soma de chaux à 10 dal.Dans la première moitié de XXe s. la soma de vin était comptée 60 l et 80 l à l’Oneu, plaine de San Ghjuglianu. Cette dernière mesure semble la plus répandue : A San Ghjuglianu en 1801, la soma d’huile valait 80 quarte, soit 20 boccali, env. 57,34 L.
7. Le barile.En 1765, l’huile se vend en « barils de 20 pintes et en pintes de 4 quarterons ; le vin se vend en tonneaux de 12 zuche, la zucha valant 9 grandes bouteilles de Florence ».80 L pour le baril de Gênes et précise que celui de Corse a toujours contenu 144 L. Le barile de vin était de 12 zucche de 12 L.
8. La botte. In « Tariffa dei Notaj e cancellieri criminali » (20 févr. 1573), la botte corsesca vaut barili cinque. Ce qui donne la valeur 144 x 5 = 720 L.La botte de 5 barili servait aussi pour exporter le poisson de l’étang de « Chjurlinu ».
9. La mezzarola genovese = 159 L.
10. Aux premiers temps de la Corse française, l’huile et le vin exportés à Marseille payent une taxe de 20 sols par millerole, unité provençale de 64 L (64,33 à Tunis).
11. En Corse, dans la première moitié de XXe s. le lait au détail était vendu en quarti d’un cinquième de litre.
12. En chaudronnerie, le volume d’un plat à tourtes est donné par le nombre d’oeufs devant entrer dans la composition du fiadone.
8) POIDS ET MESURES EN 1789.
L’Almanach « dell’Isola di Corsica per l’anno 1789 » publie des tableaux très intéressants donnant les « Rapporti dei Pesi e Misure di Parigi, con quelli di Bastia, e dei Pesi e Misure di Bastia, con quelli di Parigi ». Malheureusement, ces tableaux contiennent de nombreuses erreurs d’impression et de calcul. En essayant de réparer ces erreurs et en utilisant la conversion des anciennes mesures en nouvelles donnée par le Bureau des Longitudes, on obtient les résultats suivants :
A. UNITES DE POIDS.
- La libbra vaut 10 onces 5 gros 36 grains, soit 326,968 g.- Le cantaru de 150 libbre vaut 49,045 kg.
B. UNITES DE LONGUEURS.
- Le palmu vaut 9 pouces 2 lignes, soit 24,81 cm.- La mazza, dite mezacanna, de 4 palmi vaut 99,3 cm.
C. UNITES AGRAIRES.
- La bacinata vaut 7,14 verges pour les bonnes terres soit 3,014 ares, 9,33 pour les médiocres soit 3,94 ares, 10, 83 pour les mauvaises soit 4,57 ares.- La mezinata vaut 6 bacinate.- La ghjurnata di vigna est le tiers de la bacinata.
D. UNITES DE CAPACITE POUR LES SOLIDES.
- Des calculs permettent les conclusions suivantes :- Le boisseau de blé pèse 10,192 kg.- La densité est 0,8046.- Le bacinu pèse 5795 g.- Il vaut donc 7,2 L.Ces calculs amènent à trouver une valeur de 325,69 g pour la libbra de Bastia, alors qu’elle est de 326,968 dans le premier tableau.- Le staju vaut 2 mezini de 6 bacini chacun.
E. UNITES DE CAPACITE POUR LES LIQUIDES.
Pour le vin,- Le boccale vaut 1,294 litre.- La zucca de 9 boccali vaut 11,633 L.- Le barile = 12,438 zucche = 144,69 L.
Pour l’huile,- La pinta vaut 3,70 L.- La quarta vaut 0,925 L.

Article N° 04 - 03 PRUVERBI raccolti indè Francescu Ottaviani dettu "Cipolla"

1) U mondu hè bellu, basta à sapellu piglià
Le monde est beau, il suffit de savoir le prendre
2) Ùn si pò mai sapè di sò ch’ellu serà dumane
On ne peut jamais savoir de quoi demain sera fait
3) Nimu ùn hè cuntentu di a so sorte
Nul n’est satisfait de son sort
4) Ùn hè micca festa ogni ghjornu
Ce n’est pas tous les jours fête
5) Di canapu o di funa, i « prublemi » sò sempre quì
D’une manière ou d’une autre, les problèmes sont toujours là
6) Una disgrazia ùn vene mai sola
Un malheur ne vient jamais seul
7) I guai di a pignata,ùn i cunnosce ch’hè u cuchjarone
Les malheurs de la marmite, seule la louche les connait
8) U malore d’unu face onore di l’altru
Le malheur de l’un fait l’honneur de l’autre
9) Ognunu pensa à li sò guai
Chacun pense à ses malheurs
10) A furtuna vene durmendu
La fortune vient pendant le sommeil
11) Sò ch’un si passa in mill’anni, si pò passa in un’ora
Ce qui n’arrive pas en mille ans survient en une heure
12) Cavallu vechju ùn pò mutà andatura
Un vieux cheval ne peut changer d’allure
13) Quandu u cane hè vechju, a volpe li piscia addossu
Quand le chien est vieux, le renard lui pisse dessus
14) Ch’invechjisce mattisce
Qui vieillit devient fou
15) A botte vechja fà bon vinu
Vieux tonneau fait bon vin
16) A bellezza passa prestu
La beauté passe très vite
17) Quandu u zitellu parla, u grande hà parlatu
Quand le jeune parle, c’est l’ancien qui a parlé
18) Giuventù, giuventù, una volta è pò più
Jeunesse, jeunesse, une fois et plus jamais
19) U vechju vale u novu
Le vieux vaut le neuf
20) Più si campa, più si ne vede
Plus on vit, plus on en voit
21) Guarda sò ch’o sò è micca sò ch’o ghjera
Regarde ce que je suis et non pas ce que j’étais
22) A casa a più sicura hè a cascia
La maison la plus sure, c’est le cercueil
23) Tuttu natu deve more
Tout ce qui est né doit mourir
24) Finu à a morte camperemu
Jusqu’à la mort nous vivrons
25) U sonniu hè cumpagnu di a morte
Le sommeil est compagnon de la mort
26) Sin’à chi nun hè ora, nè si nasce nè si more
Tant que ce n’est pas l’heure, ni on naît, ni on meurt
27) Chi và forte, và à la morte
Qui va fort, va à la mort
28) Hè megliu à more, ch’è campà incù a vergogna
Mieux vaut mourir, que vivre dans la honte
29) U mortu allarga u vivu
Le mort fait de la place au vivant
30) In un’ora Diu lavora
En une heure dieu fait son travail
31) A chi ùn teme à Diu ùn teme à nimu
Qui ne craint Dieu ne craint personne
32) Core cuntentu Diu l’aghjuta
A cœur content Dieu vient en aide
33) Vai dirittu, o Corsu, chi Diu t’aghjuterà
Marche droit, Corse, et Dieu t’aidera
34) Si sbaglia ancu u prete à l’altare
Même le prêtre se trompe à l’autel
36) Chi campà sperendu, more in cacandu
Qui vit en espérant, meurt en chiant
37) A chi troppu ride u venneri, pienghje a dumenica
Qui rit trop le vendredi, pleurera dimanche
38) L’acqua corre è u sangue ghjaccia
L’eau court et le sang se fige
39) I so panni brutti si lavanu in famiglia
Le linge sale se lave en famille
40) Un guardà quantu ti vengu, guardà quantu ti tengu
Ne regarde pas notre degré de parenté mais plutôt combien je t’aime
41) Ogni morte vole scusa
Toute mort veut une excuse
42) Tagliami capu è pedi, mà lampali induve i mei
Tuez moi mais jetez moi chez les miens
43) Ogni acellu in lu sò nidu
Chacun chez soi
44) Chì stà in duie case, in una piove
Quand on vit dans deux maisons à la fois, il pleut dans l’une
45) Una casa senza patrone, pare un focu senza tizzone
Une maison sans maître est comme un feu sans bûche
46) L’ochju di u patrone guverna
L’œil du maître gouverne
47) Quandu ùn c’hè ghjatti in casa, ballanu i topi
Quand il n’y a pas de chat à la maison, les rats dansent
48) Ci vole à rispettà u cane pè u patrone
Il faut respecter le chien par égard envers son maître
49) Più pecure più mocci
Si il y a trop de monde, le travail est mal fait
50) Una mamma pò mantene centu figlioli, mà centu figlioli ùn ponu mantene una mamma
Une mère peut entretenir une centaine d’enfants, mais une centaine d’enfants ne peuvent maintenir une mère
51) Hè megliu ghjente chè roba
Il vaut mieux du monde plutôt que des biens
52) I parenti sò i denti
Les parents sont les dents
53) Chi di ghjallina nasce, in terra ruspa
Tel père, tel fils
54) Ùn parla mai di razza in casa di bastardi
Ne parle pas de race dans une maison de bâtards
55) I matrimoni sò ghjochi di carte
Le mariage est un jeu de cartes
56) Fune longhe diventanu serpe
Les longues cordes deviennent des serpents
57) Moglia è maritu ponu esse in guerra di ghjornu, mà facenu a pace di notte
Femme et mari peuvent être en guerre le jour, ils font la paix la nuit
58) Nun ci hè amore senza ghjelusia
Celui qui n’est pas jaloux n’aime pas
59) L’amore hè cecu
L’amour est aveugle
60) L’amore principia spessu in burla è finisce in veru
L’amour commence souvent en plaisanterie et fini par être vrai
61) A donna ne sà un puntu di più chè u diavule
La femme en sait un point de plus que le diable
62) E donne sanu induvè u diabule sbatte a coda
Les femmes savent où le diable remue la queue
63) Tira più un pelu di donna à l’insù ch’è dece boi à l’inghjò
Un poil de femme tire plus que dix bœufs
64) Una manu lava l’altra
Une main lave l’autre
65) A to vicina hè a to cucina
Ta voisine est ta cousine
66) Patti chjari amici cari
Contrats clairs amis chers
67) A chi nè vole si ne stanti
Qui veut de l’argent se le gagne
68) Senza soldi ùn si canta messe
Sans argent on ne peut même pas enterre les siens correctement
69) L’onore costa
Pour avoir les honneurs il faut les payer
70) Ùn fà micca u passu più grande chè l’infurcatura
Ne fait pas ton pas plus long que l’enjambée
71) A miseria ùn vole risparmiu
La misère ne souffre pas l’économie
72) Ghjè riccu quellu ch’ùn deve nunda à nimu
Est riche celui qui ne doit rien à personne
73) Chi paga è sò debite s’arrichisce
Qui paie ses dettes s’enrichit
74) Saccu viotu ùn pò stà rittu
Sac vide ne peut tenir debout
75) A bocca si trova ancu à bughju
On trouve sa bouche même dans le noir
76) Cun a fame sorte u lupu di a sot ana
La faim fait sortir le loup de sa tanière
77) Si manghja pè campà, ùn si campa micca pè manghjà
Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger
78) U techju ùn crede u famitu
Le repu ne croit pas l’affamer
79) Omu di vinu ùn vale quattrinu
Homme de vin ne vaut rien
80) Vesti un steccu pare un vescu
Habille un bâton, on dirait un évêque
81) Vesti un zappone pare un barone
Habille une pioche, on dirait un baron
82) Manghja à gustu toiu mà vestiti à gustu di l’altri
Mange à ton goût et habille-toi à celui des autres

Article N° 04 - 04 A LUNA

CALCUL DE LA LUNE

1) Les phases de la Lune
Pour connaître la phase, voir même le jour, il suffit de savoir si la Lune est décroissante ou croissante, c'est à dire si la pleine Lune est passée ou à venir.
- Si la face visible représente un D, (côté Ouest éclairé) alors, la lune est en phase Croissante.
- Si la face visible représente un C, (coté Est éclairé) alors, la lune est en phase Décroissante. Ensuite, il suffit de voir comment elle est éclairée pour déterminer sa phase.

On dénombre donc en tout 8 phases lunaires :
1- la nouvelle lune : 0.0 jours
2- le premier croissant : 3.7 jours
3- le premier quartier : 7.4 jours
4- lune gibbeuse : 11.1 jours
5- la pleine lune : 14.8 jours soit 15 jours
6- la gibbeuse (séquence inversée) : 18.4 jours
7- le dernier quartier : 22.1 jours
8- le dernier croissant : 25.8 jours
1- la nouvelle lune : 29.5 jours soit 30 jours

2) Les cycles de la lune
Le cycle lunaire est de 30 jours
(Précisément 29.53059 jours)
Le cycle entre chaque nouvelle lune et entre chaque pleine lune est de 15 jours
(Précisément 14.76795 jours)

NL PL NL PL NL
1j-15j-30j-45j-60j


Important :
Le calendrier chrétien débute en janvier et fini en décembreLe calendrier lunaire débute en mars et fini en février

3) Le calcul de la pleine lune et de la nouvelle lune
Il existe cependant un moyen simple pour connaître de manière très précise à n’importe quel jour de l’année, quand seront la nouvelle lune et la pleine lune.
En effet, nos anciens utilisaient une formule très simple composée de trois chiffres :

Exemple : nous sommes le 15 août de l’année 2007 :
Chiffre1 + Chiffre2 + Chiffre3
Le jour du calcul + Le mois lunaire + L’Epacte
L’almanacu A calanda A patta
15 + 6 + 11 = 32

-----NL PL NL PL NL
-----1j-15j-30j-45j-60j

Le chiffre 1 : le jour même du calcul, ici le 15 août
Le chiffre 2 : Le mois lunaire, ici le 6 (pour Aout)
Le chiffre 3 : *L’Epacte, ici le 11 (pour l’année 2007)

Une fois le calcul effectué, on trouve un chiffre qu’il faut situer dans le temps entre les différentes phases le la lune, (dans notre exemple, on trouve le chiffre 32.)

Il faut ensuite trouver dans le schéma ci-dessus le chiffre le plus proche de celui du résultat de notre calcul, (ici, c’est le chiffre 30 qui est le plus proche du chiffre 32)
La différence entre le résultat du calcul et le chiffre le plus proche, autrement dit entre 32 et 30 est de 2.
Comme 32 est supérieur à 30 de 2, il faut tout simplement retirer 2 jours au « chiffre1 » de notre calcul, c’est à dire se projeter dans le passé de 2 jours.
Nous somme le 15 août 2007, le changement de lune était 2 jours plus tôt, le 13 août de la même année.
*L’Epacte – In corsu si dice A patta :
« L’Epacte » est un chiffre qui augmente de la valeur 11 (ou bien de raison 11) chaque année lunaire :
En 2007 : il était de 11,
En 2008 : il est de 22,
En 2009 : il sera de 3*,
En 2010 : il sera de 14,

Il prend successivement les valeurs suivantes au cours des années :
0 pour 2006, 11 pour 2007, 22 pour 2008, 3 pour 2009, 14 pour 2010, 25 pour 2011, 6 pour 2012, 17 pour 2013, 28 pour 2014, 9 pour 2015, 20 pour 2016, 1 pour 2017, 12 pour 2018, 23 pour 2019, 4 pour 2020, 15 pour 2021, 26 pour 2022, 7 pour 2023, 18 pour 2024, 29 pour 2025, etc.…
*A noter que ce chiffre doit obligatoirement être compris entre 0 et 30 (cycle lunaire complet).
C’est pourquoi, vous remarquerez que de l‘année 2008 à l‘année 2009, lorsque l’on ajoute 11 a 22, on obtient 3 et non pas 33 ;
En effet, il ne faut conserver que la partie du chiffre supérieure à 30, à savoir 3 (33=30+3).

L’influenza di a luna nantu à u giardinu
La lune influe sur nombres d'éléments de notre terre comme par exemple les plantes.
C'est la conjonction de la position de la Lune dans le ciel, du cycle lunaire montant ou descendant et du cycle lunaire croissant ou décroissant qui permet de déterminer les moments favorables à certains travaux de jardinage.
1 lune descendante
La lune descendante est favorable aux racines car la sève se trouve concentrée à ce niveau. C'est donc le moment de semer, planter, repiquer vos légumes racines.
Mais aussi, c'est la période idéale pour récolter vos légumes racines (l’après-midi de préférence) car ils seront plus savoureux et en plus, ils se conserveront plus longtemps.
Semez et enfouissez votre engrais un jour de lune descendante.
Récupérez vos fleurs à bulbes, elles auront accumulées un maximum de sève.
Les légumes racines sont : ail, carotte, betterave, oignons, pomme de terre, navet, radis, navet.
Pour finir, travaillez votre terre durant cette période, c'est à ce moment que l'activité microbiennes est la plus active.
2 lune montante
C'est durant la phase de lune montante que la sève circule le plus facilement jusqu'au feuillage, ainsi cette période est favorable aux légumes feuilles mais aussi à la pelouse.
C'est également durant cette période qu'il est préférable de cueillir les fruits car ils concentrent plus de jus. Les légumes feuilles sont : laitue, épinard, choux, ...
3 lune croissante
C'est durant cette période que les plantes semblent le plus résistantes, ainsi il préférable de procéder aux travaux de taille à ce moment là. De plus les légumes récoltés à ce moment durent plus longtemps.
4 lune décroissante
Durant cette phase, les fruits et les légumes se conservent moins longtemps mais sont cependant meilleurs.

Article N° 04 - 05 FESTA DI A NAZIONE


Lors de la « cunsulta di Corti di u 30 ghjennaghju 1735 », le 8 décembre a été déclaré jour de fête National Corse. Ce jour de l’immaculée conception symbolise la pureté et de la blancheur de notre étendard.
« Nous élisons pour la protection de notre patrie et de tout le royaume, l’immaculée conception vierge Marie, et nous décrétons de plus que toutes les armes et drapeaux de notre dit royaume soient empreints de l’image de l’immaculée conception, que la veille et le jour de sa fête soient célébrés dans tout le royaume avec la plus parfaite dévotion et les démonstrations de joie les plus grande… »
Depuis que nous sommes français, ce jour n’est plus respecté, l’Etat ne le reconnaît pas comme jour de fête de la Nation Corse dans la mesure où il ne considère pas la Nation Corse en tant que tel. Mais de plus en plus les corses revendiquent cet héritage de Pasquale Paoli qui est symbole fort, celui de l’existence du peuple Corse. L’université di Corsica ferme ses portes pour célébrer ce jour, et de nombreuses manifestations, surtout composées de lycéens et d’étudiants, traversent les grandes villes de Corse.

Article N° 04 - 06 DIU VI SALVI REGINA

Chanson: Diu vi salvi regina

La légende orale soutient que le « Diu » aurait été crée à Corscia (dans le Niolu), à la chapelle San Marcu, le 25 avril 1720 par Sauveur Costa, un berger Niolin, qui le présentait, en tant qu’hymne corse, mais aussi comme un hymne guerrier.
Il aurait été crée en Italie par un napolitain Francesco de Geronimo, entre 1676 et 1681, à l’origine de ce texte religieux était une prière destinée à la vierge Marie, ce chant devint célèbre dans toute l’Italie. Ce texte fut publié pour la première fois en Italie, mais il semblerait que ce soit un français qui l’aurait écrit, Adhémar de Monteil, un évêque du 12ème siècle, Francesco Geronimo l’aurait seulement réécrit et popularisé.
De nombreux patriotes corses bannis par Gênes se réfugièrent à Naples. Rappelons nous de 1739, lorsque Ghjacintu Paoli exilé par Maillevois emmena son fils Pasquale qui fit les études militaires que l’on sait et sera enrôlé dans « le régiment Corsica » entièrement formé de compatriotes Corses. Les corses étaient nombreux à Naples et tous n’avaient pas embrassés une carrière militaire. Certain étaient marins, d’autres commerçants importateurs exportateurs de denrées agricoles, mais beaucoup étaient de petites gens vivants dans des taudis du port ou les disciples de Francesco de Geronimo et leurs héritiers répandaient la bonne parole ponctuée, dans la rue comme à l’église par le « Diu vi salvi Regina ».
Le « Diu vi salvi Regina » est adopté comme hymne national corse lors de la « Cunsulta di Corti di u 30 Ghjennaghju 1735 », au cours de laquelle les chefs nationaux de l’île décidèrent la séparation de la Corse d’avec Gênes. La jeune république de Corse choisit pour sa protection l’immaculée conception de la vierge Marie dont l’image sera empreinte sur les armes et ses étendards.

Article N° 04 - 07 LES ORIGINES DU DRAPEAU CORSE



Chanson: Sunate lu cornu

Beaucoup de choses ont été écrites au sujet de l'étendard à tête de maure, de nombreuses légendes ont été inventées ou colportées en occultant l'aspect historique. Si des incertitudes demeurent, une chose est sûre, le drapeau corse à tête de maure est officialisé lors de l'indépendance du XVIIIe siècle, ce qui en fait l'un des plus anciens d'Europe !De nombreuses légendes sont nées autour du drapeau corse, la plus célèbre faisant état d'une habitude qu'auraient eu les Corses de couper la tête des guerriers sarrasins pour la mettre au sommet de pics qu'ils brandissaient à l'arrivée de nouveaux conquérants. Mais, nous ne devons pas accorder d'importance à ces légendes, l'origine du drapeau corse est à rechercher ailleurs. Il apparaît évident aujourd'hui que la tête de maure est d'origine aragonaise.L'Aragon était un royaume du Moyen Age qui correspondrait à peu près à la Catalogne actuelle, en plus grand. En 1467, l'alliance des Royaumes de Castille et d'Aragon donnera naissance à l'Espagne. Le Roi d'Aragon avait dans son emblème quatre têtes de maure avec le diadème sur les yeux.En 1297, ce Roi reçoit la gestion de la Sardaigne et de la Corse du pape Boniface VIII. Cependant, le roi d'Aragon ne s'implantera qu'en Sardaigne, délaissant la Corse. On retrouve d'ailleurs dans les armes de la ville de Cagliari les quatre têtes de maure, et depuis 1952, c'est officiellement le drapeau de la Sardaigne.En héraldique, lorsque l'on bat un ennemi, on peut lui prendre son drapeau ou une partie. C'est ainsi que l'on pense que les têtes de maure du drapeau aragonais correspondent à la participation de ce dernier aux croisades victorieuses contre les " infidèles " pour libérer la terre sainte et créer les états latins d'Orient. De même on peut également penser à la participation des Aragonais à la Reconquista. Le Maure symbolisant le guerrier sarrasin battu. La tête de maure apparaît pour la première fois dans les armes du roi d'Aragon en 1281 : le roi Pierre III le Grand utilisait un sceau composé d'une croix et quatre têtes de maure.Il est à noter qu'à la fin du XIVe siècle et au début du XVe siècle, plusieurs seigneurs corses (comme Della Rocca et Vincentello) qui luttent contre Gênes et qui tentent de favoriser le parti aragonais en Corse auraient adopté dans leurs armoiries la tête de maure.Au XVe siècle, des régiments composés de soldats corses et sardes au service de différentes puissances italiennes sont représentées avec des drapeaux à tête de maure. Ce qui n'est pas surprenant, puisque à l'époque la Corse n'a pas encore de drapeau, on peut penser que c'est la Sardaigne, déjà représentée par les têtes de maure, qui prend le dessus.Finalement, c'est au XVIe siècle que la tête de maure est attestée pour la première fois comme le drapeau de la Corse. Le géographe italien Mainaldi Galerati établit en 1573 un atlas des possessions de Philippe II roi d'Espagne, avec des armoiries pour chaque province. La République de Gênes qui administre la Corse étant alliée de l'Espagne et le roi d'Espagne portant dans son titre " Roi de Corse " (et c'est encore le cas actuellement) depuis que le pape en avait confié la gestion au Roi d'Aragon, M. Galerati décide de faire figurer la Corse dans cet atlas, et comme il n'en connaît pas les armes, il décide d'y mettre une tête de maure, sans doute pour différencier la Corse de la Sardaigne pour laquelle on en mettait quatre. Le Hollandais Joan Blaeu en fera de même en 1662. Un autre atlas que l'on doit à l'Allemand Seutter en 1731 attestera une nouvelle fois la tête de maure.En 1735, les chefs révolutionnaires corses déclarent l'indépendance et placent la Corse sous la protection de la Sainte Vierge. L'immaculée conception devient jour de la fête nationale (le 8 décembre), et le drapeau corse est une image de l'immaculée conception sur fond blanc. Gênes réplique à cette déclaration en envoyant des troupes alliées en Corse pour réprimer la révolution. En 1736, la Corse toujours en quête d'indépendance se dote d'un monarque, Théodore de Neuhoff.Ce baron d'origine allemande corsise ses armes en y ajoutant une tête de maure, qu'il a dû prendre sur l'atlas de son compatriote Seutter. La tête de maure porterait alors pour la première fois le bandeau sur le front et non sur les yeux (Cette théorie est controversée et certains pensent que c'est Paoli qui aurait relevé le bandeau sur le front en déclarant " Désormais le bandeau royal est bien placé comme il faut et comme il convient à notre dignité et non pour notre honte, comme le voulaient nos ennemis). On peut affirmer que c'est bien au XVIIIe siècle que le bandeau est relevé sur le front et cela a été interprété par les historiens comme une manière pour la Corse d'ouvrir les yeux après plusieurs siècles d'obscurantisme et de domination génoise. Le royaume de Théodore 1er ne dure que 6 mois, mais les révoltes corses continuent.En 1745, Ghjuvan Petru Gaffori est nommé général en chef de la nation corse, et lors d'un assaut de la citadelle de Corti, il brandit le drapeau à tête de maure. Pasquale de' Paoli sera nommé également général unique des Corses en 1755, deux ans après l'assassinat de Gaffori. C'est Pasquale de' Paoli, u babbu di a Patria qui officialise définitivement le drapeau blanc à tête de maure. Paoli propose d'enlever les boucles d'oreille et le collier qui figuraient sur les anciennes versions de la tête de maure, sans doute pour exprimer le fait que la Corse sort de l'esclavage pour devenir libre.La cunsulta de Corti décide le 24 novembre 1762 de faire de la tête de maure le drapeau de la Corse. Cette tête de maure figurera désormais sur la monnaie corse. On la retrouve dans tous les actes administratifs. Le pavillon à tête de maure est également hissé sur les bateaux de la marine nationale corse. La tête de maure sur fond blanc (qui rappelle l'immaculée conception) est depuis l'emblème officiel de la Corse. Il sera confirmé en 1794, lors de l'époque de la seconde indépendance, lorsque les Corses se séparent de la France pour créer le royaume anglo-corse.Aujourd'hui la tête de maure est reconnue de partout en Europe comme le symbole de la Corse et c'est d'ailleurs l'un des drapeaux européens les plus anciens.

Article N° 04 - 08 A RADACCHIA (Mars 1930)












Article N° 04 - 09 A RADACCHIA (avril 1930)
















Article N° 04 - 10 A RADACCHIA (Juin 1930)